En fait, la grande question est : comment attrape-t-on une infection virale? La réponse est simple : par contact direct avec des virus. Les contacts avec les virus se font principalement via les sécrétions du nez, des yeux et de la bouche. Si vous vous retrouvez dans une pièce fermée et que quelqu’un éternue, vous serez en contact avec des virus. Aussi, si vous touchez la main ou une surface où se trouve un virus, vous y êtes exposé. Si de surcroît vous frottez votre visage avec cette main, hop là, bienvenue l’infection!

Quelle est donc la place du froid dans la transmission de ces infections virales? Coure-t-on plus de risque d’être malade si on va dehors par temps froid sans chapeau? Et bien non. Il est vrai que les virus aiment le froid et se multiplient plus facilement dans un environnement froid que dans un environnement chaud. Par contre, ils ne nous attaquent pas parce que nous avons froid. Porter un chapeau ou un foulard l’hiver fera en sorte qu’on sera plus confortable et minimisera les risques d’hypothermie ou d’engelure, mais ne nous protègera aucunement contre les virus du rhume et de la grippe.

Comment dans ce cas nous protéger contre ces infections? Par un simple lavage de mains, fréquent et efficace, et par de bonnes habitudes de vie. En effet, les mains sont un vecteur de transmission important des virus. Ainsi, afin d’éviter de transmettre ou de contracter un virus, il suffit de les laver et le tour est joué. Au-delà de ce lavage de mains, la toux et l’éternuement au niveau du coude et l’utilisation d’un masque, dans des situations très précises, peuvent aider à limiter la transmission des virus. Si on doit prendre soin d’un être cher qui est malade (enfant, personne âgée, conjoint), il peut être utile de porter soi-même un masque ou de demander à la personne malade d’en porter un lorsque la proximité le requiert. Comme soignant, il est important de se protéger!

Et la place de notre système immunitaire dans tout ça? Et bien, malgré un système immunitaire tout à fait compétent, il est normal pour un adulte de contracter 3 ou 4 rhumes par année. Ce chiffre peut s’élever jusqu’à 10 ou 12 chez les jeunes enfants. En effet, c’est par l’exposition que les défenses (notre  immunité) se développent. Un enfant en garderie sera exposé à des dizaines de nouveaux virus par semaine. À mesure que son corps apprend à reconnaître ces virus, le nombre d’infections diminue.

Notre corps a une mémoire immunitaire phénoménale. Lors d’une exposition subséquente par un même virus, nos globules blancs sont sollicités et se débarrassent du virus sans symptôme. Par contre, lors d’une première exposition à un virus, les réactions inflammatoires se mettent en branle pour nous défendre. Les symptômes du rhume en témoignent : sécrétions nasales, toux, éternuement, fièvre. Ceci reflète notre défense immunitaire. Pendant ce temps, certains de nos globules blancs apprennent à reconnaître le nouveau virus, en vue d’une prochaine attaque.
 
(Les globules blancs qui participant principalement à notre défense immunitaire sont les neutrophiles, les macrophages et les lymphocytes B. Les neutrophiles et les macrophages interviennent les premiers. Ils attaquent un intrus (antigène, virus ou autre) à l’aveugle, le détruisant. Ces cellules se retrouvent en grande quantité dans les sécrétions observées dans les rhumes. Les macrophages ont la propriété de présenter l’ennemi aux lymphocytes B qui apprendront à le reconnaître en vue d’une exposition future. Les lymphocytes B vivent très longtemps, des dizaines d’années chez l’Homme, et peuvent réagir rapidement lors d’une seconde exposition à leur cible spécifique. )

Y a-t-il des façons de garder notre système immunitaire alerte? Bien sûr! De bonnes habitudes de vie, tout simplement. Ainsi, une saine alimentation, riche en vitamines et minéraux, stimule les défenses immunitaires. Un sommeil suffisant et réparateur aide également à maintenir notre capacité immunitaire à son maximum. L’activité physique, par le bien-être qu’elle apporte et en améliorant la circulation sanguine, favorise une réponse immunitaire précoce en cas d’exposition à un virus. Certains facteurs peuvent malheureusement nuire à notre immunité, notamment le tabagisme et le stress. En effet, le tabac détruit les muqueuses respiratoires et digestives où se retrouvent une grande partie de nos globules blancs. De plus, le stress entraîne la libération d’hormones comme le cortisol et l’adrénaline qui peuvent freiner l’immunité en bloquant la production de certains médiateurs de l’immunité.

Alors, à vos chapeaux, uniquement si vous aimez ça, et prévenons les infections virales si communes à l’automne et à l’hiver, par ces simples mesures préventives : lavage des mains, activité physique, saine alimentation et sommeil réparateur! Il s’agit d’une recette gagnante à bien des égards…