Il existe de multiples explications possibles aux maux de gorge. Il n’y a habituellement pas matière à s’inquiéter, à moins que vous soyez incapable d’avaler des liquides et de vous maintenir hydraté.

Le mal de gorge est le plus souvent causé par une infection du pharynx (d’où le nom de « pharyngite »), l’endroit situé au fond de la bouche, au centre. Le mal de gorge peut également être causé par une infection des amygdales (« amygdalite), ces amas de tissu qui se situent derrière la langue, de chaque côté de la gorge. D’autres causes, non infectieuses, peuvent occasionner des maux de gorge, notamment le tabagisme, les allergies saisonnières, la pollution, l’alcool ou les brûlures d’estomac (reflux gastro-oesophagien). Si vos maux de gorge s’accompagnent d’une irritation des yeux, d’un nez qui coule et d’éternuements, comme ils se présentent à chaque printemps, la possibilité qu’ils soient associés aux allergies saisonnières est à considérer. Les autres causes non infectieuses sont malgré tout à considérer.

Concentrons-nous sur les infections de la gorge. Quatre fois sur 5, l’infection est causée par un virus. Elle peut également être causée par une bactérie (streptocoque ou autre) ou, très rarement, par un champignon (levure).

La bactérie importante à reconnaître est le streptocoque. Les autres infections de la gorge guériront le plus souvent d’elles-mêmes. Il est très difficile de différencier virus et bactérie sur la base de ce que vous ressentez ou de ce que nous observons en vous examinant. Dans les cas où la douleur est sévère, la différence est importante. En effet, l’infection à streptocoque non traitée peut causer une inflammation rénale et un rhumatisme articulaire. Il s’agit d’une maladie qui touche le cœur, les articulations et le système nerveux. Bien que très rare, il faut rester vigilant face à cette maladie. C’est pour cette raison que la Santé Publique envoie des avis en classe lorsqu’un cas est déclaré.

Si vous avez des grosses douleurs depuis quelques jours, surtout si vous ne toussez pas, que vous faites de la fièvre et que vous avez entre 3 et 14 ans, il faut consulter. Dans le doute, votre médecin effectuera une culture de votre gorge. Les résultats seront connus dans 1 ou 2 journées. Dans certaines cliniques, un test de dépistage rapide est disponible. Il détecte la majorité des infections à streptocoque, mais se trompe parfois.

Pourquoi attendre? Parce que la grande majorité des pharyngites bactériennes guériront d’elles-mêmes, sans traitement antibiotique, comme toutes les pharyngites virales. Le traitement antibiotique vise à minimiser le risque de complication de la pharyngite à streptocoque, et ne diminue à peu près pas la durée de la douleur à la gorge. Le traitement antibiotique permettra d’éviter ces complications, même s’il est débuté plusieurs jours plus tard. À titre d’exemple, il m’arrive parfois de prescrire le traitement et que la personne n’a plus de douleur. La prévention de la complication est un concept différent du traitement de la douleur. Il est toujours important de retenir que les antibiotiques peuvent occasionner des réactions allergiques, de la diarrhée et des vaginites. Il faut donc éviter, lorsque c’est possible, de les utiliser.

Plusieurs craignent d’avoir une amygdalite lorsqu’ils ont des douleurs à la gorge. Si les amygdales sont infectées, elles sont plus grosses qu’à l’habitude, plus rouges et elles sont parfois recouvertes de dépôts blanchâtres. L’amygdalite est soit virale, soit bactérienne et les douleurs sont à peu près les mêmes que pour la pharyngite. Plusieurs ont eu une opération pour faire enlever leurs amygdales en jeune âge, mais cette pratique n’est plus « à la mode ». En effet, les connaissances ayant évolué, nous savons maintenant que l’ablation des amygdales est inutile pour la majorité. Par contre, si vous faites des amygdalites quelques fois par année, votre médecin vous dirigera vers un médecin oto-rhino-laryngologiste (ORL) qui déterminera avec vous si les risques de l’infection à répétition dépassent les risques de l’opération (douleur, saignement, etc.).

Que ce soit pour une amygdalite ou une pharyngite et qu’elle soit virale ou bactérienne, le traitement « maison » consiste à :
1) Prendre de l’acétaminophène (Tylenol®) ou de l’ibuprofène (Advil®) pour diminuer la douleur et la fièvre. Il ne faut jamais donner d’aspirine aux enfants de moins de 18 ans, car elle peut causer une maladie très sévère, le syndrome de Reye;
2) Se gargariser avec de l’eau salée tiède (1 cuillerée à thé (5 ml) de sel dans une tasse (250 ml) d’eau);
3) Sucer des bonbons ou des pastilles, faibles en sucre;
4) Manger des aliments à consistance molle et non irritants;
5) Manger des « pops » froids ou congelés;
6) Boire beaucoup de liquide afin de maintenir votre hydratation et diminuer l’irritation de la gorge en la maintenant lubrifiée.

N’oubliez jamais que ces infections sont contagieuses! Lavez-vous les mains régulièrement, éternuez et toussez dans le pli de votre coude et séparez vos brosses à dents. Vous protégerez ainsi vos proches! Si les symptômes perdurent ou si vous ne réussissez pas à vous hydrater, consultez!